L'histoire du christianisme prend naissance au sein du judaïsme parmi les nombreuses sectes messianiques qui se développèrent dans le monde juif au début de notre ère. Jésus de Nazareth en incarne le principe fondateur, au sein même de la communauté juive, dans la continuité des disciples de Jean-Baptiste.
C'est aux environs de l'an 65 de notre ère que le christianisme consomme définitivement sa rupture avec le judaïsme par l'affirmation de l'arrivée du Messie, le Christ, en la personne de Jésus de Nazareth.
Les prédications de Jésus de Nazareth puis la continuation de son oeuvre, après sa mort sur la croix, par ses apôtres finissent, après maintes persécutions au sein de l'empire romain, d'installer définitivement le christianisme comme la religion la plus universelle jamais connue.
Son signe de reconnaissance est le baptême d'eau, un acte simple et spirituellement puissant. La rédaction finale des Evangiles et l'influence de personnalités romaines de premier plan ont rapidement fait du christianisme la première religion de l'empire romain. Peu à peu, son universalisme se répand dans toute la civilisation occidentale, allant jusqu'à influencer une grande partie de l'humanité, l'Asie mise à part.
Au troisième siècle de notre ère, le christianisme s'organise pour devenir une véritable église.
Tandis que la situation des chrétiens reste précaire au sein de l'empire romain, l'évangélisation progresse et l'organisation ecclésiastique devient plus efficace grâce à l'émergence d'esprits brillants. Parmi ceux-ci, Origène qui sut utiliser la culture antique pour la mettre au service de la pensée chrétienne.
C'est également à cette époque que le catéchuménat (l'enseignement qui précède l'entrée dans l'église) se développe tandis que les rites s'organisent et se complexifient en privilégiant un ascétisme et une rigueur contrastant avec les moeurs de l'époque. Le mouvement chrétien s'amplifie alors en séduisant la société païenne. Mais cet important développement, à la fois cultuel et culturel, se heurte bientôt aux conflits internes annonciateurs de la séparation des églises d'orient et d'occident. Outre ces schismes internes, l'omniprésence chrétienne se heurte désormais aux intérêts de l'empire romain devenu totalitaire. La répression est sanglante. Elle se termine, en 303, par la destruction des églises, le saccage et l'interdiction des assemblées chrétiennes.
Malgré cela et contre toute attente, en quelques années le christianisme, sous sa forme catholique, devient religion d'état. Les chrétiens deviennent à leur tour persécuteurs sous la protection de l'empereur Constantin. Mais la décadence de l'empire romain et les déferlantes barbares mettront un point d'arrêt à cette politique d'exclusive religieuse.
Au cinquième siècle de notre ère, une page du christianisme se tourne.
Avec l'éclatement de l'empire romain, plus aucun lien n'existe en les églises d'orient et d'occident. Deux centres religieux s'affirment désormais. A Rome, la papauté fait ses premiers pas tandis que Constantinople revendique les mêmes privilèges. Cette situation aboutira, en 1054, au schisme de la chrétienté.
Malgré les bouleversements culturels consécutifs à la domination des Barbares, l'église romaine est respectée et conduit à des conversions spectaculaires dont celle de Clovis, roi des Francs. L'évangélisation progresse de nouveau, les ordres étendent leur influence avec, notamment, la règle de Saint Benoît. C'est dans ce contexte que le christianisme occidental entre dans le Moyen Age.
L'avènement de Charlemagne, sacré empereur en l'an 800, voit le renouveau culturel s'installer avec les bases d'un enseignement scolaire destinés à ses clercs. Outre l'écriture, c'est aussi la copie et les commentaires de très nombreux manuscrits des Pères de l'église et des auteurs antiques. Les monastères et autres institutions religieuses chrétiennes se voient charger de cette importante mission qui redonnera crédit, autorité et omniprésence au christianisme occidental.
Mais l'instabilité politique de l'occident couplée à la cupidité des évêques de l'époque donneront naissance à de nombreux mouvements spirituels destinés à rétablir l'autorité spirituelle de l'église. A titre d'exemple, citons la réforme clunisienne (abbaye de Cluny) qui se caractérise par un retour strict à la règle de saint Benoît avec une vie plus austère, des pratiques de jeûne et l'observance du silence.
La réforme grégorienne
Conscient du laisser-aller général de l'église, le pape Grégoire VII institue une réforme vigoureuse pour assoir son pouvoir pontifical tout en limitant la mainmise du pouvoir temporel sur les nominations épiscopales. Grâce à cette réforme importante, la chrétienté occidentale prend conscience de son unité qui s'affirmera davantage avec la première croisade et la « libération » des lieux saints dont Jérusalem.
Fort de ces succès, le christianisme se développe à nouveau. Les ordres monastiques prolifèrent, la scolastique fait ses premiers pas tandis que l'église accumule richesses et prestige en s'affranchissant du pouvoir temporel. La tentation totalitaire romaine est proche. En réaction, au 12ème siècle, deux nouveaux ordres apparaissent : les franciscains et les dominicains. D'une pauvreté absolue, ils prêchent l'évangile sur les routes tandis que la théologie affirme des bases rationnelles avec Thomas d'Aquin et Albert le Grand.
La crise de la Papauté
Ces mouvements de fond dénoncent le spectacle affligeant offert par la papauté davantage préoccupée par l'argent et le pouvoir en lieu et place de la spiritualité chrétienne. C'est le temps de l'exil du pape en Avignon et celui des tentatives de réformes de l'église. Mais rien n'y fait et la papauté poursuit son déclin jusqu'à la réforme de Marthin Luther en octobre 1517.
Ce n'est qu'au Concile de Trente, en 1542, que Paul III amorce le renouveau catholique, une réforme qui touche tous les aspects de la vie religieuse. Cette réforme conduit enfin l'église à retrouver un second souffle spirituel pour restructurer ses fondations et fondements mis à mal par toutes les contestations des siècles précédents.
Le siècle des Lumières et le choc de la modernité
L'avènement de la philosophie des Lumières (18ème siècle) annonce un combat d'une toute autre nature : celui de la raison contre la foi. « Ecrasez l'infâme ! »: cri de guerre lancé par Voltaire pour terrasser l'église catholique et le christianisme en général. En 1637, avec la publication du « Discours de la méthode », Descartes ouvre un nouvelle brèche au sein de la foi chrétienne. Toute l'Europe est secouée par ces nouvelles idées et tous ces penseurs qui, à l'instar de Spinoza, remettent en question la légitimité biblique.
Ces mouvements d'ampleur laissent des traces profondes au sein d'une église qui a du mal à résister à l'éparpillement de ses fidèles, cela malgré la réhabilitation du sentiment religieux sous une forme romantique par des auteurs tels que Jean-Jacques Rousseau et Chateaubriand.
La révolution française toute proche sonne le glas de l'omniprésence religieuse dans la société désormais citoyenne. En novembre 1790, l'Assemblée oblige le clergé à prêter serment à la nation et à la Constitution. Pour le christianisme en général et le catholicisme en particulier, c'est le début d'une longue traversée du désert européen avec l'avènement prochain de la modernité, des découvertes scientifiques et d'une philosophie excluant Dieu du monde de la pensée rationnelle.
L'oeuvre oecuménique
Il faut attendre 1910 et la conférence universelle des missions protestantes d'Edimbourg pour assister aux premières réactions significatives face à l'abandon de la foi chrétienne. Dans un premier temps condamné par l'église catholique, cet oecuménisme naissant se développe à travers le monde. Finalement avec le concile Vatican II, l'église catholique s'engage à son tour, d'égal à égal, avec les autres mouvements de même obédience, pour tenter d'assurer le renouveau chrétien. Les dialogues bilatéraux se multiplient et c'est ainsi qu'en octobre 1999, une avancée historique est entérinée entre catholiques et luthériens à propos de l'eucharistie et de l'autorité de l'église.
Mais la pages sombres de notre histoire contemporaine avec, notamment, les deux grandes guerres et le comportement ambigüe de certaines autorités ecclésiastiques durant celles-ci, entravent encore aujourd'hui cet élan salutaire. A cela s'ajoutent l'attirance pour des nouvelles philosophies spirituelles et surtout la montée des intégrismes et nationalismes en tout genre que le christianisme en général a bien du mal à endiguer pour réinstaurer son autorité spirituelle.
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