Toute civilisation commence par un mythe fondateur.
Tout mythe fondateur commence par une aventure humaine et spirituelle.
Ce constat s'impose à l'évidence dans toutes les cultures qui nous ont précédé au même titre qu'elle s'applique à notre civilisation technologique. Nous croyons aujourd'hui en la science et ses miracles comme d'autres croyaient, en leur temps, à la magie ou à leurs dieux personnifiés. De toutes ces croyances, lesquelles sont les plus justes si ce n'est celles qui répondent précisément aux attentes de chacun à un instant donné ?
Au-delà de tout système de croyance, quel est donc le secret qui rend heureux le "simple en esprit" et tourmenté celui qui ne cesse de se heurter à l'ignorance de son esprit ? La réponse est simple : l'aveuglement de la matière.
A mesure que nous en sondons les profondeurs, celle-ci nous échappe comme une eau que l'on voudrait garder en main.
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Louis-Claude de Saint Martin le prédisait déjà en son temps : "Divisez la matière, il n'en restera toujours que de la matière".
Alors peut-être devrions-nous faire une pause pour essayer de comprendre comment nous avons perdu cette Lumière qui éclaire la chair, autrement dit cette conscience qui donne du sens à la matière ?
Là est sans doute le vrai chemin de la spiritualité. |
Car que nous le voulions ou non, nous sommes le résultat d'une union sacrée, celle d'une Texture impalpable et invisible à nos yeux qui donne naissance et nourrit ce vêtement de chair que nous habitons provisoirement. Dénier cette réalité, c'est se condamner à errer dans le labyrinthe des illusions et des désillusions.
La lumière comme dénominateur commun
Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir ce que nous avions tous en commun ? Et bien il s'agit de la lumière ! Sans elle, il y aurait autant de "réalités" que de personnes sur cette planète. Seule la lumière nous permet de voir cette même réalité que nous expérimentons chaque jour qu'il nous est donné de vivre.
Plus curieux encore, savez-vous que cette même lumière éclaire nos rêves durant notre sommeil ? Nous les vivons, nous les voyons avec un réalisme à couper le souffle et ils sont aussi "vrais" que nous le sommes à l'instant où nous les vivons. Certains sont d'ailleurs si présents qu'ils nous laissent un sentiment troublant au réveil, comme si nous revenions d'un autre monde dans lequel les règles ne sont pas les mêmes.
Ici se manifeste un grand mystère auquel nous devrions porter toute notre attention : la lumière est à la fois capable de faire partager une réalité commune à tous les êtres humains (celle de tous les jours) en même temps qu'elle peut nous donner accès à notre réalité intérieure (celle de toutes nos nuits).
Ne trouvez-vous pas cela surprenant ?
Fermez donc à présent les yeux et observez. Prenez le temps d'observer les arabesques qui ne tarderont pas à se manifester sur votre écran mental. Vous y verrez bientôt des formes géométriques, parfois des visages inconnus qui défileront et disparaîtront aussi vite qu'ils sont apparus. Enfin, vous percevrez souvent une multitude de points d'une discrète luminosité traçant d'infinis canaux dont le sens vous échappera.
A mesure que le temps passera et sans que vous n'ayez d'effort à faire, vous y pressentirez une sorte de langage, le langage de la Lumière qui, dans un incessant va-et-vient, vous semblera communiquer par delà les mots. Si vous êtes suffisamment patient et que vous vous laissez porter par Elle, vous serez bientôt transporter dans une infinie sensation de communion. Une communion qui dépasse l'entendement en vous ouvrant à d'autres dimensions de votre être. Une commune union qui se manifeste au-delà de votre conscience objective. Cette expérience, chacun peut la faire. Il suffit simplement de prendre le temps.
Comment une telle chose peut-elle être possible ?
Physique et métaphysique ...
La science moderne dit qu'il s'agit là d'une activité normale du cerveau et que nous pouvons même en enregistrer les traces. Certes. Mais parlons-nous bien du même sujet ? Une trace, une empreinte n'est jamais que le résultat gravé d'un instant particulier. Elle ne donne aucune indication sur le vécu de celui qui l'a laissé et encore moins de l'expérience qu'il en a tiré.
Ce flux incessant de lumière qui nous traverse semble être une propriété universelle du monde vivant. Elle témoigne en effet des liens indicibles qui unissent toute chose, tout être à son origine première. Voilà pourquoi, comme le dit le Sage, "Partout où tu regardes, c'est Dieu que tu vois en face".
Les mots importent peu, seule l'expérience compte. Expérimenter le monde physique comme une finalité en soi n'a aucun sens si cette expérimentation n'est suivie d'une métaphysique, c'est-à-dire d'une prise de conscience du pourquoi des choses.
Mais attention ! La prise de conscience dont nous parlons n'a rien de commun avec le savoir intellectuel qui ne donnera toujours qu'une lecture éphémère du monde. Là est la difficulté pour tout cherchant honnête. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder comment évoluent nos sociétés. Ce que nous tenions hier pour vérité acquise est bien souvent perçu, aujourd'hui, avec un sourire amusé. De fait, l'état des connaissances change en même temps que nos croyances et les certitudes qui les accompagnent.
Pourtant, depuis que le monde est monde, la Lumière illumine toujours la chair et la chair ne peut se passer de la Lumière pour exister. Où est donc la sortie du labyrinthe ? Quelle erreur commet-on nous depuis tant de siècles pour ne pas avoir saisi la nature de ce Dieu que nous voyons partout où nous regardons ?
Changeons les mots et réfléchissons : si la Lumière s'appelait "Esprit" et la chair "Matière", alors nous pourrions penser que, puisque l'un ne peut se manifester sans la présence de l'autre, c'est qu'il existe entre eux un lien subtil de même nature, une continuité dont notre cerveau ne peut mesurer l'étendue.
Donnons enfin le nom "d'information" à cette continuité et nous nous apercevrons alors que ce n'est ni la lumière ni la matière que nous devrions considérer, mais l'information qui se distille de l'une à l'autre.